Bonifier la pension de vieillesse
coûterait 3 milliards
C’est ce que demande le Bloc québécois au gouvernement Trudeau pour lui donner son appui
(Ottawa) Le gouvernement Trudeau devra sortir le chéquier s’il veut obtenir l’appui du Bloc québécois pour assurer sa survie politique à la Chambre des communes au cours des prochaines semaines et ainsi éviter des élections fédérales. La facture atteindrait au moins 3 milliards par année.
Cette somme, c’est le coût annuel estimé de la demande du Bloc québécois d’augmenter de 10 % le montant de la pleine pension à laquelle ont droit les personnes âgées de 65 à 74 ans afin de mettre fin à la « discrimination odieuse entre les aînés » qu’a décrétée le gouvernement Trudeau dans son budget 2021.
Cette requête, le Bloc québécois en fait une condition sine qua non et il a déjà multiplié les avertissements que le gouvernement Trudeau devra en subir les conséquences politiques s’il n’y donne pas suite rapidement.
« Il va falloir que les libéraux comprennent. C’est très simple. Ils ont deux choix, et les deux choix ont un coût. Ou bien ils bonifient de 10 % la pension de la Sécurité de la vieillesse des aînés de 65 à 74 ans, ou bien ils vont en payer le prix politique », a laissé tomber le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, aux Communes.
« Les libéraux vont devoir choisir, et les autres partis aussi. S’ils pensent que la pension des aînés, ce n’est pas important, qu’ils osent aller leur dire en pleine face, ils vont voir. Les libéraux vont payer d’une manière ou d’une autre », a-t-il déclaré.
Le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, aux Communes
Dans son budget déposé en 2021, la ministre des Finances Chrystia Freeland a augmenté de 10 % le montant de la pension de Sécurité de la vieillesse uniquement pour les personnes de 75 ans et plus. Le Bloc québécois dénonce cette situation depuis lors et il compte profiter du rapport de forces qu’il détient désormais aux Communes, à la suite de la récente décision du NPD de déchirer l’entente de soutien qu’il avait conclue en mars 2022 avec les libéraux, pour contraindre le gouvernement Trudeau à corriger le tir.
Le Bloc québécois a même déposé un projet de loi en ce sens et il a obtenu l’appui d’une majorité des élus aux Communes (173 en faveur et 155 contre), à l’exception des libéraux de Justin Trudeau. Le projet de loi C-319 a franchi plusieurs étapes, mais il est essentiellement bloqué par le gouvernement Trudeau qui a jusqu’ici refusé de lui donner la recommandation royale — une étape nécessaire quand il s’agit d’un projet de loi présenté par un élu de l’opposition qui entraîne de nouvelles dépenses.
Le Bloc québécois a aussi demandé au directeur parlementaire du budget d’évaluer le coût de cette mesure. Selon les calculs de ce dernier, cette mesure coûterait 3 milliards de dollars en 2024-2025, et grimperait graduellement à 3,5 milliards en 2027-2028.
« C’est une mesure qui est très coûteuse », a reconnu une source libérale qui a requis l’anonymat afin de pouvoir s’exprimer plus librement. Les mandarins du ministère des Finances ont aussi exprimé des inquiétudes devant une telle demande au moment même où le gouvernement fédéral accumule toujours les déficits et que l’économie est en perte de vitesse.
D’ailleurs, le gouvernement Trudeau pourrait avoir raté de 10 milliards son objectif de maintenir à 40 milliards le déficit durant le dernier exercice financier qui a pris fin le 31 mars.
Dans sa dernière livraison de la revue financière, le ministère des Finances indique que le déficit de l’exercice financier 2023-2024 s’établit provisoirement à 50,9 milliards de dollars. C’est considérablement plus que ce qu’avait annoncé la ministre Chrystia Freeland dans son énoncé économique de novembre dernier et dans son dernier budget déposé le 16 avril. Les résultats finaux
du dernier exercice devraient être publiés sous peu.
Aussi, les réponses des ministres du gouvernement Trudeau aux questions des députés bloquistes à ce sujet cette semaine laissent entendre qu’ils ont d’autres priorités à financer tandis qu’une campagne électorale se profile à l’horizon. Le premier ministre Justin Trudeau est allé jusqu’à déclarer aux Communes que les députés bloquistes « se foutent des aînés » durant la période de questions lundi, parce qu’ils ont voté contre le programme national de soins dentaires mis sur pied au cours des derniers mois qui profite notamment aux aînés.
Dans une entrevue accordée à La Presse, vendredi, le porte-parole du Bloc québécois en matière de finances, le député Gabriel Ste-Marie, a soutenu que la position du gouvernement Trudeau est intenable.
« Restaurer le pouvoir d’achat des aînés est notre premier combat. Le gouvernement fédéral a choisi de créer deux classes d’aînés. […] C’est une question de dignité. Au lieu de s’épivarder dans de nouveaux programmes, dans des ingérences où il y a des dédoublements coûteux, le gouvernement fédéral doit se concentrer sur sa mission principale. La pension fédérale, c’est dans ses champs de compétence », a exposé M. Ste-Marie.
Il a ajouté que la somme d’une telle mesure représente seulement 0,57 % du budget total du gouvernement fédéral. Il a fait valoir qu’Ottawa ne se gêne pas pour soutenir à coups de dizaines de milliards de dollars l’industrie fossile. « Quand on regarde le pipeline Trans Mountain, c’est 34 milliards. Ce que nous disons, c’est que c’est une question de choix. Nous en faisons notre priorité. C’est une question de justice et d’équité. »
(Ottawa) Le gouvernement Trudeau devra sortir le chéquier s’il veut obtenir l’appui du Bloc québécois pour assurer sa survie politique à la Chambre des communes au cours des prochaines semaines et ainsi éviter des élections fédérales. La facture atteindrait au moins 3 milliards par année.
Cette somme, c’est le coût annuel estimé de la demande du Bloc québécois d’augmenter de 10 % le montant de la pleine pension à laquelle ont droit les personnes âgées de 65 à 74 ans afin de mettre fin à la « discrimination odieuse entre les aînés » qu’a décrétée le gouvernement Trudeau dans son budget 2021.
Cette requête, le Bloc québécois en fait une condition sine qua non et il a déjà multiplié les avertissements que le gouvernement Trudeau devra en subir les conséquences politiques s’il n’y donne pas suite rapidement.
« Il va falloir que les libéraux comprennent. C’est très simple. Ils ont deux choix, et les deux choix ont un coût. Ou bien ils bonifient de 10 % la pension de la Sécurité de la vieillesse des aînés de 65 à 74 ans, ou bien ils vont en payer le prix politique », a laissé tomber le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, aux Communes.
« Les libéraux vont devoir choisir, et les autres partis aussi. S’ils pensent que la pension des aînés, ce n’est pas important, qu’ils osent aller leur dire en pleine face, ils vont voir. Les libéraux vont payer d’une manière ou d’une autre », a-t-il déclaré.
Le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, aux Communes
Dans son budget déposé en 2021, la ministre des Finances Chrystia Freeland a augmenté de 10 % le montant de la pension de Sécurité de la vieillesse uniquement pour les personnes de 75 ans et plus. Le Bloc québécois dénonce cette situation depuis lors et il compte profiter du rapport de forces qu’il détient désormais aux Communes, à la suite de la récente décision du NPD de déchirer l’entente de soutien qu’il avait conclue en mars 2022 avec les libéraux, pour contraindre le gouvernement Trudeau à corriger le tir.
Le Bloc québécois a même déposé un projet de loi en ce sens et il a obtenu l’appui d’une majorité des élus aux Communes (173 en faveur et 155 contre), à l’exception des libéraux de Justin Trudeau. Le projet de loi C-319 a franchi plusieurs étapes, mais il est essentiellement bloqué par le gouvernement Trudeau qui a jusqu’ici refusé de lui donner la recommandation royale — une étape nécessaire quand il s’agit d’un projet de loi présenté par un élu de l’opposition qui entraîne de nouvelles dépenses.
Le Bloc québécois a aussi demandé au directeur parlementaire du budget d’évaluer le coût de cette mesure. Selon les calculs de ce dernier, cette mesure coûterait 3 milliards de dollars en 2024-2025, et grimperait graduellement à 3,5 milliards en 2027-2028.
« C’est une mesure qui est très coûteuse », a reconnu une source libérale qui a requis l’anonymat afin de pouvoir s’exprimer plus librement. Les mandarins du ministère des Finances ont aussi exprimé des inquiétudes devant une telle demande au moment même où le gouvernement fédéral accumule toujours les déficits et que l’économie est en perte de vitesse.
D’ailleurs, le gouvernement Trudeau pourrait avoir raté de 10 milliards son objectif de maintenir à 40 milliards le déficit durant le dernier exercice financier qui a pris fin le 31 mars.
Dans sa dernière livraison de la revue financière, le ministère des Finances indique que le déficit de l’exercice financier 2023-2024 s’établit provisoirement à 50,9 milliards de dollars. C’est considérablement plus que ce qu’avait annoncé la ministre Chrystia Freeland dans son énoncé économique de novembre dernier et dans son dernier budget déposé le 16 avril. Les résultats finaux
du dernier exercice devraient être publiés sous peu.
Aussi, les réponses des ministres du gouvernement Trudeau aux questions des députés bloquistes à ce sujet cette semaine laissent entendre qu’ils ont d’autres priorités à financer tandis qu’une campagne électorale se profile à l’horizon. Le premier ministre Justin Trudeau est allé jusqu’à déclarer aux Communes que les députés bloquistes « se foutent des aînés » durant la période de questions lundi, parce qu’ils ont voté contre le programme national de soins dentaires mis sur pied au cours des derniers mois qui profite notamment aux aînés.
Dans une entrevue accordée à La Presse, vendredi, le porte-parole du Bloc québécois en matière de finances, le député Gabriel Ste-Marie, a soutenu que la position du gouvernement Trudeau est intenable.
« Restaurer le pouvoir d’achat des aînés est notre premier combat. Le gouvernement fédéral a choisi de créer deux classes d’aînés. […] C’est une question de dignité. Au lieu de s’épivarder dans de nouveaux programmes, dans des ingérences où il y a des dédoublements coûteux, le gouvernement fédéral doit se concentrer sur sa mission principale. La pension fédérale, c’est dans ses champs de compétence », a exposé M. Ste-Marie.
Il a ajouté que la somme d’une telle mesure représente seulement 0,57 % du budget total du gouvernement fédéral. Il a fait valoir qu’Ottawa ne se gêne pas pour soutenir à coups de dizaines de milliards de dollars l’industrie fossile. « Quand on regarde le pipeline Trans Mountain, c’est 34 milliards. Ce que nous disons, c’est que c’est une question de choix. Nous en faisons notre priorité. C’est une question de justice et d’équité. »