Fin du programme de toxicomanies au CUSM : onde de choc dans le milieu communautaire
Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) fermera définitivement les portes de son programme de psychiatrie des toxicomanies au mois de décembre. La nouvelle a créé une onde choc parmi les acteurs du milieu communautaire, qui considèrent que cette fermeture aura « de lourdes conséquences ». D'autant plus que les besoins sont de plus en plus criants dans les rues de Montréal.
Pour justifier sa décision, la direction des communications du CUSM mentionne par courriel que le programme fonctionne dans son format actuel sans modernisation des services depuis de nombreuses années.
La direction ajoute que les traitements offerts y étaient très spécifiques, qu’ils répondaient aux besoins d’un nombre limité de patients et que la fin des services de psychiatrie des toxicomanies permettra au CUSM d'améliorer l’accès aux services spécialisés et [de] réduire les temps d’attente aux urgences.
Toutefois, pour le président du conseil d’administration de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ), Louis Letellier de St-Just, cette décision enrageante est le résultat d’un manque de vision.
Adaptez-le au lieu de le fermer, a-t-il dit en entrevue, en ajoutant que selon lui, Montréal a besoin de l’expertise de [l'Université] McGill.
Il rappelle que le programme du CUSM dispose de ressources plus complexes et plus complètes, loin de celles qu’ont présentement à leur disposition les organismes communautaires.
Le CUSM prévoit d'ailleurs transférer en décembre ses experts en dépendances vers les programmes de psychiatrie traitant des troubles psychotiques, de l’humeur, de l’anxiété et des troubles de la personnalité, afin que le traitement des dépendances comorbides puisse être intégré.
De lourdes conséquencesLes acteurs du milieu communautaire déplorent également que les principaux intéressés n’aient pas été consultés.
On nous arrive avec de telles annonces une fois que les décisions sont déjà prises et qu’il n’y a pas eu de concertation avec les acteurs du milieu, regrette Louis Letellier de St-Just.
Selon Chantal Montmorency, toutes sortes de drogues sont responsables des surdoses enregistrées au cours des derniers mois, et pas seulement les opioïdes.
Selon ce dernier, la fin du programme du CUSM aura de lourdes conséquences et les personnes vulnérables en seront les premières victimes. Les décideurs ne pensent pas aux impacts qu’ont leurs décisions dans la rue, ajoute celui qui est aussi avocat en droit de la santé.
Pour sa part, la directrice générale de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), Chantal Montmorency, constate qu'il n'y a plus de filet social pour les personnes les plus vulnérables et que de plus en plus de gens sont laissés de côté par le système.
Chaque fois qu’un service ferme, c’est dramatique.
Une citation deChantal Montmorency, directrice générale de l’AQPSUDL’isolement forcé par la pandémie a d’ailleurs été un important facteur d’aggravation de la situation des surdoses à Montréal, poursuit Mme Montmorency. Et l’épidémie des surdoses ne dérougira pas de sitôt, croit-elle, tant qu’on ne placera
pas les patients au cœur des décisions.
Les patients transférésPour les patients, la fermeture progressive se fera sur six mois, question de s’assurer que ceux déjà engagés dans le programme puissent terminer leur traitement, assure la direction des communications du CUSM. Ils seront ensuite réorientés vers le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) ou vers les organismes communautaires.
Toutefois, selon Mme Montmorency, le changement peut être très déstabilisant pour les personnes ayant une dépendance. Sans compter que le lien de confiance entre le patient et les intervenants est à reconstruire.
De plus, devant l’augmentation des cas de surdoses, les organismes communautaires font notamment face à une pénurie de personnel.
[La fermeture du programme] va inévitablement engorger davantage les ressources existantes.
Une citation deLouis Letellier de St-Just, président du conseil d’administration de l'AIDQLes employés sont épuisés et on est incapables de leur offrir du soutien et d’augmenter les salaires, ajoute pour sa part la directrice de l’AQPSUD.
D’ici décembre, la demande ne baissera pas et les listes d’attentes ne disparaîtront pas par magie, rappelle Chantal Montmorency. Sur le terrain, c’est difficile de voir les ressources s’effriter.
La fin du programme de psychiatrie des toxicomanies marque aussi la fin du mentorat par les pairs au CUSM, qui consiste pour des patients bénévoles à conseiller d’autres patients lors de rencontres individuelles.
[Ce type de mentorat] représente une partie essentielle du processus de réhabilitation et [son] impact auprès des usagers est reconnu, fait valoir Louis Letellier de St-Just.
Pour justifier sa décision, la direction des communications du CUSM mentionne par courriel que le programme fonctionne dans son format actuel sans modernisation des services depuis de nombreuses années.
La direction ajoute que les traitements offerts y étaient très spécifiques, qu’ils répondaient aux besoins d’un nombre limité de patients et que la fin des services de psychiatrie des toxicomanies permettra au CUSM d'améliorer l’accès aux services spécialisés et [de] réduire les temps d’attente aux urgences.
Toutefois, pour le président du conseil d’administration de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ), Louis Letellier de St-Just, cette décision enrageante est le résultat d’un manque de vision.
Adaptez-le au lieu de le fermer, a-t-il dit en entrevue, en ajoutant que selon lui, Montréal a besoin de l’expertise de [l'Université] McGill.
Il rappelle que le programme du CUSM dispose de ressources plus complexes et plus complètes, loin de celles qu’ont présentement à leur disposition les organismes communautaires.
Le CUSM prévoit d'ailleurs transférer en décembre ses experts en dépendances vers les programmes de psychiatrie traitant des troubles psychotiques, de l’humeur, de l’anxiété et des troubles de la personnalité, afin que le traitement des dépendances comorbides puisse être intégré.
De lourdes conséquencesLes acteurs du milieu communautaire déplorent également que les principaux intéressés n’aient pas été consultés.
On nous arrive avec de telles annonces une fois que les décisions sont déjà prises et qu’il n’y a pas eu de concertation avec les acteurs du milieu, regrette Louis Letellier de St-Just.
Selon Chantal Montmorency, toutes sortes de drogues sont responsables des surdoses enregistrées au cours des derniers mois, et pas seulement les opioïdes.
Selon ce dernier, la fin du programme du CUSM aura de lourdes conséquences et les personnes vulnérables en seront les premières victimes. Les décideurs ne pensent pas aux impacts qu’ont leurs décisions dans la rue, ajoute celui qui est aussi avocat en droit de la santé.
Pour sa part, la directrice générale de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), Chantal Montmorency, constate qu'il n'y a plus de filet social pour les personnes les plus vulnérables et que de plus en plus de gens sont laissés de côté par le système.
Chaque fois qu’un service ferme, c’est dramatique.
Une citation deChantal Montmorency, directrice générale de l’AQPSUDL’isolement forcé par la pandémie a d’ailleurs été un important facteur d’aggravation de la situation des surdoses à Montréal, poursuit Mme Montmorency. Et l’épidémie des surdoses ne dérougira pas de sitôt, croit-elle, tant qu’on ne placera
pas les patients au cœur des décisions.
Les patients transférésPour les patients, la fermeture progressive se fera sur six mois, question de s’assurer que ceux déjà engagés dans le programme puissent terminer leur traitement, assure la direction des communications du CUSM. Ils seront ensuite réorientés vers le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) ou vers les organismes communautaires.
Toutefois, selon Mme Montmorency, le changement peut être très déstabilisant pour les personnes ayant une dépendance. Sans compter que le lien de confiance entre le patient et les intervenants est à reconstruire.
De plus, devant l’augmentation des cas de surdoses, les organismes communautaires font notamment face à une pénurie de personnel.
[La fermeture du programme] va inévitablement engorger davantage les ressources existantes.
Une citation deLouis Letellier de St-Just, président du conseil d’administration de l'AIDQLes employés sont épuisés et on est incapables de leur offrir du soutien et d’augmenter les salaires, ajoute pour sa part la directrice de l’AQPSUD.
D’ici décembre, la demande ne baissera pas et les listes d’attentes ne disparaîtront pas par magie, rappelle Chantal Montmorency. Sur le terrain, c’est difficile de voir les ressources s’effriter.
La fin du programme de psychiatrie des toxicomanies marque aussi la fin du mentorat par les pairs au CUSM, qui consiste pour des patients bénévoles à conseiller d’autres patients lors de rencontres individuelles.
[Ce type de mentorat] représente une partie essentielle du processus de réhabilitation et [son] impact auprès des usagers est reconnu, fait valoir Louis Letellier de St-Just.